réseau de création pour le théâtre musical
 
Télérama
Festival Diva à la Cartoucherie de Vincennes
A des années lumières des opérettes de jadis émerge peu à peu une nouvelle forme de spectacle musical. Liberté d'écriture, modernité des thèmes, excellence des mélodies, autant de qualité qui ravissent un public curieux et exigeant. Et de plus en plus nombreux. Vitalité dont témoigne l'éclectisme de cette première édition du festival Diva, réunissant théâtre et cabarets, succès confirmés et créations. Une invitation donc à pousser la porte de l'extravagant Cabaret des hommes perdus, récompensé par deux Molières en 2007. Mais aussi à faire un détour par le Dietrich Hôtel où Michel Hermon propose une ballade à travers les chansons de l'inoubliable Ange Bleu. Et tant qu'à faire s'embarquer pour une croisière vaudevillesque avec la jubilatoire comédie muiscale Panique à Bord. Vingt raisons d'être bousculé, ému. Et séduit.
Pariscope
Diva
Jusqu'au 8 Juin le théâtre musical est à la fête à la Cartoucherie de Vincennes. Le festival "Diva" rassemble auteurs, compositeurs, metteurs en scène et interprètes de ce genre spécifique pour une grande exposition musicale. Et force est de constater que pour cette première édition Diva nous gâte. Chaque soir deux rendez-vous nous sont proposés. Une excellente occasion de voir ou de revoir des spectacles qui ont marqué les dernières saisons théâtrales, comme Le cabaret des hommes perdus, Panique à bord, Créatures, Madame Raymonde. Le festival donne aussi la chance à des spectacles moins connus de révéler tout leur talent. Les amateurs du spectacle musical savent ce qu'il leur reste à faire pour passer un agréable moment...
Le Figaro Magazine
Scène : Rire et chanson
En matière de spectacle musical, il y a évidemment le grand spectacle, mais il y a aussi le rebelle et le marginal, et ces trois formes sont à l'affiche à Paris en ce moment. La Cartoucherie de Vincennes rassemble enfin, dans un festival appelé Diva, un joli florilège de spectacles musicaux à la française, où l'on s'amuse, où l'on sort des sentiers battus. Parmi eux : l'excellente petite comédie musicale Panique à bord.
Marcel Magazine
Diva
Si vous aimez les spectacles musicaux ne manquez pas Diva le premier festival que dis-je, la première grande exposition musicale parisienne. Des spectacles, rencontres, débats, avant-premières et lectures. Si vous avez raté Madame Raymonde ou Créatures, voire même Panique à Bord et le Cabaret des hommes perdus. Allez y ou bien retournez, c'est obligé.
Le Parisien
Le théâtre musical fait sa diva
De vrais moments de plaisir, c'est la grande promesse du festival Diva dédié au nouveau théâtre musical, à l'affiche de l'Epée de bois. Vitrine de la création, vivier de talents, cette programmation, qui allie des reprises incontournables, des créations en avant première et des spectacles de cabaret à découvrir, rassemble ce qui se fait de mieux dans le genre. Le tout à des tarifs permettant de voir deux spectacles pour le prix d'un. A consommer sans modération.
Reprises attendues
Le bon goût et le professionnalisme des organisateurs se lisent dans la douzaine de spectacles retenus en tête d'affiche. De ce fameux lot de reprises consacrés par le succès public et critique se détachent quelques immanquables. A voir absolument pour ceux et celles qui les auraient manqué, ou à revoir. A commencer par l'excellent duo comique que forment Les Mauvaises des violoncellistes "virtuoses", aux accoutrements et mimiques inénarrables et qui traversent sans sourciller six siècles de répertoire classique. C'est aussi Denis d'Arcangelo, magnifique comédien dans la peau de la gouailleuse Madame Raymonde dont on ne se lasse pas c'est encore Souingue Souingue la peu scrupuleuse anthologie de la chanson drôle signée du malicieux Laurent Pelly. Coté mise en scène c'est aussi soigné avec Jean-Luc Revol, Agnès Boury, Vincent Vittoz, Nathalie Van Parys ou encore Maurice Durozier.
Créations en avant-premières
L'engagement du festival en faveur de l'émergence de formes nouvelles de spectacle musical se mesure à l'aune du nombre et de la variété des créations mises au programme il y en a sept au total remarquables pour leur liberté d'écriture, la qualité des compositions musicales et des interprètes, la modernité des thèmes abordés ou encore les trouvailles de mise en scène. A découvrir à cette occasion, en avant première, elles sont signées par de grandes personalités de ce genre théâtrâl. On peut sans prendre de risques inconsidérés prédire un bel avenir à beaucoup d'entre elles. Et notamment à Chienne une tragicomédie loufoque dont Alexandre Bonstein signe le livret, ou encore à Damia ce soir une pièce expressioniste dotée d'une voix fatale, celle d'Agnès Host, avec et mise en scène par Michel Hermon.
Cabarets inédits
De leurs coté Magali Bonfils, Thierry Boulanger, Florence Pelly, Liza Michael, Alain Marcel, artistes talentueux ont chacun leur carte blanche sur la durée du festival. Et ce sont autant de cabarets inédits reflets de la diversité des styles et du renouveau du genre, qui viennent pimenter la palette colorée de la programmation. Dans cette même veine on attend également beaucoup du Balamama Cabaret de Cathy Sabroux, La vie est une comédie musicale de Stéphane Ly Cuong, ou encore Cinéma Van Parys une conférence chantée signée par la petite fille du compositeur Georges Van Parys, grand compositeur de musiques de films et de chansons populaires, d'après son livre-souvenirs Des jours comme ils viennent.
A Nous Paris
Le théâtre musical en fête !
Quoi que colportent les grincheux, le renouveau du théâtre musical est incarné par une jeune garde extrêmement talentueuse dont le grand mérite est d'avoir donné un bon coup de plumeau au genre, allant même jusqu'à défier leurs aînés qui comptent à l'avant scène, en démontant les vieux échafaudages pour les repeindre du sol au plafond ! Esprit décalé, écriture libre et aventureuse, inspiration ouverte aux quatre vents, compositions musicales de qualité, brio de la mise en scène et de l'interprétation... C'est peu dire que ce nouveau courant a quelques atouts dans sa manche ! Pour sa première édition, ce grand raout festif (initié par Jacky Azencott et Cathy Sabroux fondateurs du Sous-Sol et de Musiques en Festivals) sort le grand jeu, en réunissant auteurs, compositeurs, metteurs en scène, interprètes autour d'une bien belle affiche. Sans parler des intentions de fond : Diva veut "répondre à la nécessité d'un centre de ressources concrètes au service du nouveau théâtre musical, qui accueille des résidences de création, accompagne des projets de production, favorise la diffusion des spectacles, organise des évènements liés à l'actualité du théâtre musical". Equilibre exquis entre comédies musicales, cabaret et découvertes, cette grande exposition musicale propose chaque jour deux spectacles et un programme de découverte permettant de passer du théâtre au cabaret, entre deux pauses roboratives au café du théâtre. Au menu ? La chantilly de la nouvelle scène musicale. L'occasion de (re)découvrir le bluffant Cabaret des hommes perdus de Christian Siméon et Patrick Laviosa mis en scène par Jean-Luc Revol (Molière 2007), de larguer les amarres avec Panique à Bord de Stéphane Laporte et Pätrick Laviosa, mis en scène par Agnès Boury, et de ne surtout pas manquer Madame Raymonde, avec l'incomparable Denis d'Arcangelo épaulé de Philippe Le Biheur. Il ne vous reste plus qu'à assaisonner le parcours d'une découverte (Carte blanche à Florence Pelly ou à Stéphane Ly Cuong). Un exutoire, une catharsis, appelez ça comme vous le voulez mais ce que vous observerez sur le visage des spectateurs de Diva, c'est bien la banane !
Le Nouvel Obs
20 Minutes
Eclaté en une multitude de salles tout au long de l'année, le théâtre musical rassemble ses forces en un premier festival, nommé en toute modestie Diva. Le genre lui-même accueille mille déclinaisons, du récital de chansons mis en scène au petit opéra en passant par le drame frappé de trois notes.
Têtu
Diva
Etes vous plutôt Callas ou Castafiore ? Qu'importe, l'une comme l'autre se seraient ruées à Diva, grande exposition de spectacles musicaux alliant "modernité d'écriture, qualité des compositions et modernité des thèmes abordés". Soit la crème du genre avec des cabarets, des découvertes, quelques salutaires séances de rattrapage (Le Cabaret des hommes perdus, Madame Raymonde, Dietrich Hôtel... et une dizaine de créations. Sortez votre swing et vos boas, vous les rentabiliserez au rythme de deux spectacles par jour (19h et 21h) avant de reprendre vos forces au café du théâtre en compagnie des artistes.
Le Parisien
La comédie musicale fait son show
Vingt spectacles différents, du cabaret et une foule de créateurs, metteurs en scène et interprètes ont rendez-vous à Diva, la grande exposition musicale. Bien plus qu'une exposition cette manifestation est la vitrine vivante de la création française. On y verra donc, à raison de deux spectacles chaque soir, des succès tels que Le cabaret des hommes perdus (Molière 2007), Souingue Souingue !, Panique à bord, mais aussi des nouveautés comme Cabaret Terezin, Chienne, Hypocondriac 1er, ou bien Pouchkine Traversée. Sans oublier une série attrayante de "cartes blanches" à des créateurs de la scène musicale, à l'image du Gyfoutou de Florence Pelly ou Balamama de Cathy Sabroux.
Le Canard Enchainé
Diva
Depuis quelques années, le renouveau du théâtre musical est indéniable. Liberté d'écriture, qualité des compositions, originalité et modernité des thèmes abordés, tout cela, servi par des interprètes impeccables, a renforcé la présence d'un genre à la fois intelligent, réjouissant et populaire. "Diva grande exposition musicale" permet, en condensé, d'apprécier cette vitalité. Le programme est étourdissant. Passant du théâtre au cabaret, il permet aussi bien de revoir des comédies musicales consacrées par le succès que de découvrir des spectacles en avant première. Dans ce foisonnement, difficile de choisir... Signalons Le cabaret des hommes perdus (deux Molières en 2007) ; le follement frivole Panique à bord qui téléscope le Vaudeville et Brodway ; Tristoeil et Brunehouille, brillantissime opéra pastiche de Georges Van Parys ; Les Mauvaises, deux allumées du violoncelle qui n'ont jamais été aussi bonnes pour zigzaguer dans l'histoire de la musique.
La Terrasse
Le nouveau théâtre musical : dynamisme et créativité
Diva donne son premier rendez-vous de printemps au Théâtre de l'Epée de bois et invite public et professionnels à une grande fête du théâtre musical.
Sous la direction de Cathy Sabroux et Jacky Azencott, qui défendent depuis toujours le théâtre musical de qualité et les jeunes talents émergents de la chanson, Diva rassemble pendant près de quatre semaines auteurs, compositeurs, metteurs en scène, comédiens, chanteurs et musiciens en une grande manifestation festive alliant le plaisir et la réflexion. L'émergence de formes nouvelles de spectacle musical qui ont su conquérir le public, la qualité de leurs musiques et la liberté de ton de leurs textes affirment l'installation dans le paysage théâtral contemporain de ce genre nouveau, puissamment dynamique, populaire et de qualité. Selon le mot de ses organisateurs, "Diva souhaite être le passeur de ces écritures nouvelles et défend l'urgence de lieux de création appropriés à ces auteurs qui recréent profondément le genre". Car nécessité il y a, selon Cathy Sabroux et Jacky Azencott (fondateurs du Sous-Sol et de Musiques en Festivals), de créer enfin un véritable "centre de ressources concrètes au service du nouveau théâtre musical, qui accueille des résidences de création, accompagne des projets de production, favorise la diffusion de spectacles, organise des événements liés à l'actualité du théâtre musical".
Un rendez-vous festif et constructif
La première édition de cette manifestation qu'on espère pérenne réunit des spectacles qui ont été très remarqués lors des dernières saisons théâtrales, comme Créatures, Le cabaret des hommes perdus, L'ultime Rendez-vous ou encore Panique à bord (parmi la vingtaine de propositions sélectionnées et invitées) et offre leur chance à des talents moins connus mais qui méritent de trouver leur place dans le paysage actuel du théâtre musical. C'est aussi pour cela que Diva veut offrir "aux producteurs et aux diffuseurs une vitrine de la création et aux publics des espaces de découverte marqués par la diversité et l'excellence des spectacles proposés." Des soirées cabaret, des rencontres et des débats s'installent dans la chaleur conviviale du Théâtre de l'Epée de Bois, dont les espaces accueillants serviront de cadre idéal aux rencontres initiées, à poursuivre autour d'un verre ou d'un repas en compagnie des artistes participant à la manifestation.
Opérette
DIVA, "exposition musicale"
L'acteur et metteur en scène Jacky Azencott et la comédienne et chanteuse Cathy Sabroux, sont deux personnalités marquantes, dans le monde professionnel du spectacle musical et du cabaret. En 1999, ils fondent le "Sous-Sol", un lieu d'art et d'essai, qui a accompagné à ce jour des centaines d'artistes dans plus de deux cent créations musicales. Depuis 2004, ils dirigent également "Musiques en Festivals", un tremplin de création qui a déjà accueilli trente-cinq créations musicales dans le cadre du festival d'Avignon. C'est avec cette structure qu'ils présenteront du 16 mai au 8 juin 2008 au Théâtre de l'Epée de Bois (Cartoucherie de Vincennes), Diva qu'ils annoncent comme une "exposition musicale".
C'est en effet une véritable vitrine dans laquelle nous pourrons retrouver (à raison d'une ou deux représentations pour chaque spectacle) ce que le théâtre musical français a pu produire de meilleur, au cours de ces dernières années : Le cabaret des hommes perdus (Patrick Laviosa - Christian Siméon, Molière du meilleur spectacle musical et Trophée du meilleur spectacle musical aux Musicals de Béziers 2007, voir n°140), Panique à bord (Patrick Laviosa - Stéphane Laporte, Prix SACD 2005, voir n°143-144- 145), L'ultime rendez-vous (Raphaël Bancou -Vincent Vittoz, voir n°142-144-145), Une partie de cache-cache (Raphaël Callandreau - Nicolas Engel, Mention spéciale du jury dans le cadre du Prix Découverte des Musicals de Paris 2007, voir n°144-145), Jusqu'aux dents (Thierry Boulanger - Alyssa Landry - Emmanuel Lenormand, Prix SACD 2007, voir n°143), Créatures (sous réserve) (Lee Maddeford - Alexandre Bonstein, voir n°131), ou encore le délirant Tristoeuil et Brunehouille (Georges Van Parys - Jean Marsan) repris à l'origine, dans le cadre du spectacle de Natalie Van Parys : Comme de Bien Entendu (voir n°129-130).
Cette exposition permettra également de découvrir à Paris, le nouvel opéra bouffe que le tandem Louis Dunoyer de Segonzac et Jean-Marie Lecoq vient de créer en tournée : Hypocondriac 1er : le tableau d'une microsociété qui se croit irrémédiablement malade et qui, gangrenée par le pessimisme, ne se complait que dans les complaintes de l'hypocondrie, avec une princesse boulimique aux prises avec les volontés de son royal père, souverain du royaume de Neurasthénie. Interprété par Estelle Micheau, Julien Clément, Guy Vives, Gérard Audax, accompagnés au piano par Alexandre Lévy, le spectacle est mis en scène par Gérard Audax et Jacques Hadjaje.
Alexandre Bonstein (après les succès de Créatures et des Hors la loi) créera sa nouvelle pièce musicale : Chienne. Avec originalité et un humour frisant le surréalisme, les auteurs nous entraînent dans l'univers de Pearl, une chienne gâtée et extravagante qui attend le retour de son maître et finit par se demander s'il ne l'a pas abandonnée. Elle repasse sa vie en revue, cherche ce qu'elle a bien pu faire, et baisse petit à petit son masque de princesse modèle pour révéler au public sa vraie nature, à la fois clown et tragédienne. Sur un ton de comédie frivole et absurde, Chienne évoque l'impossible perfection à laquelle on aspire pour se sentir digne d'être aimé. Ce spectacle permettra de retrouver autour d'Alexandre Bonstein, Patrick Laviosa et Isabelle Ferron dans le rôle de Pearl.
Diva assurera également la création française de Cabaret Terezin : sur une scène sombre et nue, une revue raconte les peurs, les désirs et les rêves des prisonniers du camp de Terezin, mais aussi leur cynisme et leurs petites faiblesses humaines. Comme tous les camps nazis, Theresienstadt fut le théâtre d'une inexprimable horreur, mais aussi d'une vie culturelle de grande qualité. Concerts, opéras, jazz, cabaret, les nombreuses oeuvres écrites et jouées dans le camp témoignent d'une intensité créative bouleversante. Créé en octobre 1992 par Alexandre Waechter dont le grand père mourut à Terezin, ce spectacle raconte cette histoire, inconnue de la plupart des Autrichiens. Adapté en français par Boris Bergman et Sergueï Dreznin (l'adaptation des chansons d'Ilse Weber et Léo Strauss est de Boris Bergman, l'adaptation des monologues de Josette Milgram), il sera interprété par Isabelle Georges (et distribution en cours).
Plusieurs spectacles musicaux (Souingue Souingue, Les mauvaises, Dietrich Hôtel, Madame Raymonde, Pouchkine traversée, Paris - Bukarest, Cinéma Van Parys) seront également présentés ainsi que de nombreuses soirées "Carte blanche à..." qui permettront à des metteurs en scène ou interprètes de recevoir leurs amis dans des spectacles originaux et conviviaux. Chaque soir, deux spectacles (trois le week-end) seront présentés et convivialité étant décidément le maître mot de cette manifestation, le public pourra "entre deux spectacles", prendre le temps d'un verre ou de se restaurer au café du théâtre, avec les artistes de la soirée.
Télérama
D'Arcangelo, héros malgré lui
Sa vie ressemblerait presque à un film. L'acteur Denis d'Arcangelo enchaîne les succès sans le savoir... Portrait.
Extravagant Monsieur Loyal du Cabaret des hommes perdus, ou gouailleuse Madame Raymonde sur les planches, Denis d'Arcangelo ose toutes les excentricités. Mais une fois rangées perruque et paillettes, le comédien au pétillant regard bleu apparait réservé, presque timide. Ce qui ne change pas? Son humanité généreuse. Flashback sur un parcours dont chaque étape pourrait être le titre d'un film...
Les parapluies de Cherbourg
Quelques mois avant sa naissance - en octobre 1964 - Cherbourg avait servi de décor au film de Jacques Demy. Dans la foule qui se pressait alors pour assister au tournage se trouvait la mère du futur Denis d'Arcangelo. "C'est peut-être de là que vient ma passion pour la comédie musicale", confirme-t-il mi-sérieux, mi-amusé.
Cabaret
A la fin des anées 80. Tout en suivant à la fac de très sérieuses études de maths, il passse ses soirées au Piano Zinc. C'est dans ce bar du Marais qu'il commence "à faire des bêtises", comprenez "à interpréter des ritournelles de l'entre-deux-guerres". Réalisant que sa vraie place est là sur cette minuscule scène, d'Arcgangelo jette théorèmes et autres logarithmes aux orties.
Hôtel du Nord
De sa passion pour la chanson réaliste nait un personnage au look rétro - robe noire à fleurettes blanches, collier et perles et rouge à lèvres très... rouge. Il décide de l'appeler Madame Raymonde, en hommage à Arletty, son idole, qui porte ce nom dans le célèbre film de Marcel Carné.
Les nuits fauves
C'est un hasard si Denis d'Arcangelo figure au générique du long métrage réalisé par Cyril Collard, en 1992. "J'étais tranquillement chez moi quand on m'a appelé afin de remplacer un copain. J'ai accepté juste pour rendre service." Sa prestation de chanteur réaliste ne passera pas inaperçue. "Cela ne m'a pris que deux heures de mon temps et l'ironie veut qu'on m'en parle encore."
Molière
Outre l'auteur du Misanthrope, comédie dans laquelle, en 2002, il a interprété Acaste, un des courtisans de Célimène, ce nom évoque aussi la cérémonie consacrée chaque année au théâtre. En 2007, Le cabaret des hommes perdus a reçu deux Molières: meilleur auteur - Christophe Siméon - et meilleur spectacle musical. Le modeste Denis d'Arcangelo n'en revient toujours pas: "Au début, on pensait juste rencontrer un succès d'estime. Alors, se retrouver parmi tous ces gens du métier qui nous reconnaissaient comme étant des leurs, c'était très émouvant"
Macbeth
Son rêve aujourd'hui: jouer Shakespeare. Et, plus précisément, Lady Macbeth. "Parce qu'elle incarne une femme de pouvoir, prête à tout, même au meurtre. C'est aussi l'amie des sorcières. Ce personnage possède une dimension à la fois mystique et politique. Et puis, interpréter un monstre, n'est-ce pas le fantasme de tout acteur?"
Froggy's Delight
Créatures
Spectacle musical de Alexandre Bonstein et Lee Maddeford, avec des arrangements de Patrick Laviosa, mis en scène par Agnès Boury, avec Alexandre Bonstein, Sinan Bertrand, Liza Michael, Ariane Pirie et Patrick Laviosa.
Alexandre Bonstein et Lee Maddeford n'ont pas dû s'ennuyer en écrivant ce spectacle hallucinant qui a connu, et connait encore à chaque reprise, un énorme succès.
Créatures se présente comme une comédie musicale extravagante et délirante à la croisée du train fantôme, du Rocky Horror Show et d'Alice au Pays des Merveilles. Enfin pour ce dernier point, il s'agit davantage d'un William dans l'antre des monstres, ceux qui peuplent l'imaginaire collectif, du Diable au vampire en passant par le loup garou et même le Créateur suprême.
Personnages horribles des contes de fées ou démons intérieurs, tous deviennent presque sympathiques et émouvants tant ils sont investis des mêmes angoisses existentielles que les humains et aspirent à un bonheur d'autant plus inaccessible pour eux compte tenu de leur état.
A la mise en scène, Agnès Boury s'est laissée portée par le fil d'une histoire loufoque qui se décline en tableaux déjantés et par des comédiens-chanteurs pour lesquels le plateau de la grande salle du Théâtre de l'Epée de Bois parait trop petit pour contenir leur débordement d'énergie et leur folie douce.
Exclusivement accompagnés au piano par Patrick Laviosa qui, en monstre eviscéré, pousse également son lamento, les quatre protagonistes sont désopilants. Liza Michael, superbe plastique et superbe voix, aussi à l'aise en plantureuse veuve noire qu'en lapin bleu kisscool, fait résonner le lieu et Sinan Bertrand crapahute avec bonheur, et beauté, du diable des Carpates à la Mort empêtrée dans son zozotement.
Quant à Alexandre Bonstein, en bébé sous ectasy, en fleur folle ou en ange catastrophe, et Ariane Pririe, en Dieu féminin version reine d'Angleterre ou en beaufe à la Deschiens, sont des fous furieux qui partent en vrille au quart de tour.
De toute façon, si vous appréciez ce registre, vous les connaissez déjà pour les avoir vus, et entendus, entre autres dans Panique à bord ou Le cabaret des hommes perdus et vous savez donc qu'il est impossible de brider ses zygomatiques.
Télérama
L'Ultime Rendez-Vous
Une comédie musicale amusante, loufoque et surréaliste qui se promène allegremment aux franges du fantastique. Revenants et meurtriers s'y croisent à leur dernière heure. On doit cette drôle d'histoire à Vincent Vittoz, qui fut jadis le principal interprète de la petite boutique des horreurs. Il en a retenu de jolies leçons. Son nouveau specatcle est présenté dans le cadre de Diva, festival dédié au théâtre musical.
Froggy's Delight
L'Ultime Rendez-Vous
Spectacle musical écrit et mis en scène par Vincent Vittoz, musique de Raphael Bancou, avec Magali Bonfils, Isabelle Ferron, Alyssa Landry, Angélique Rivoux, Cathy Sabroux et Jocelyne Sand et Raphaël Bancou au piano.
Le théâtre musical a le vent en poupe et Vincent Vittoz et Raphaël Bancou ont conçu un spectacle mêlant théâtre, musique, chansons pétillantes et humour à partir de l'appellation édulcorée du trépas, sujet forcément douloureux qui est ici traité de manière drolatique alors que les défunts, en l'occurrence les défuntes, ont péri de mort violente.
En effet, L'ultime rendez-vous, divertissement léger et drôle interprété par des comédiennes-chanteuses aguerries au genre, qui ont du métier et de l'abattage, met en scène des personnages d'assassinées hautes en couleurs qui sont réunies en cellule psychologique d'accueil chargée de faciliter l'arrivée des nouvelles occises.
Cet assistanat est confié à un quatuor composé de figures emblématiques : une prostituée de White Chappel qui a croisé Jack the Ripper (Cathy Sabroux truculente), une théâtreuse exaspérante dont on comprend le geste poussé à son terme par son partenaire alors qu'elle jouait le rôle de Desdémone (Angélique Rivoux délicieuse), une veuve confite qui frémit encore de ravissement à l'évocation de sa combustion amoureuse dans la cuisinière de Landru (Jocelyne Sand cocasse) et une guerillero au féminin d'une improbable armée mexicaine (Isabelle Ferron désopilante).
Les deux impétrantes, jeunes et jolies jeunes femmes d'aujourd'hui qui se crêpent le chignon pour un homme, interprétées par Alyssa Landry et Magali Bonfils, toutes deux bien en voix, complètent harmonieusement ce ludique sextet vocal.
Télérama
Madame Raymonde
Dans le cadre du Festival Diva consacré au théâtre musical, Mme Raymonde avec son look improbable - robe à fleurs, collier de perles, rouge à lèvres trop voyant - revient sur scène. Derrière ce personnage singulier se cache Denis D'Arcangelo, qui est l'un des interprètes du Cabaret des hommes perdus également présenté. Ni ringard ni caricatural, un spectacle à l'image de son interprète : généreux.
Froggy's Delight
Dietrich Hotel
Spectacle musical conçu et interpété par Michel Hermon avec Christophe Brillaud au piano.
Sur une profonde scène en clair obscur, Michel Hermon, en tenue de fin de soirée, frac, chemise col ouvert et noeud papillon défait, promène sa longue et élégante silhouette et sa voix aux intonations puissantes et sensuelles dans le sillage laissé par celle dont Jean Cocteau a dressé un portrait lapidaire - un nom qui commence comme une caresse et qui s'achève comme un coup de cravache - Marlène Dietrich.
Comédien et chanteur, il invite le public à un voyage ensorcelant au pays de cette femme troublante, star glamour des années 30 et chanteuse charismatique, devenue une icône transgenre.
Avec Dietrich Hotel, il signe et interprète un très beau spectacle, soigneusement construit, tiré au cordeau, sans effets d'esbroufe ni réincarnation interlope, même s'il distille, par sa présence et sa palette vocale, un trouble fascinant. Juste les chansons transcendées par sa célébrissime voix rauque.
De Berlin à Broadway en passant par Paris, de la décadence berlinoise au romantisme américain, le récital est cosmopolite, à l'image de l'itinéraire de la dame, et, de Berlin à Broadway en passant par les rives de la Seine, traverse un demi-siècle de chansons intemporelles dont certaines écrites pour Marlène Dietrich par des paroliers célèbres comme Rainer Werner Fassbinder (Alles Aus Leder), Kurt Weill (Je ne t'aime pas) et Friedrich Hollander (Black market, All I do).
Remarquablement accompagné au piano par Christophe Brillaud, élève d'Aldo Ciccolini, Michel Hermon sait évoquer et invoquer une époque aujourd'hui révolue qui pourtant résonne encore, portée par des chansons intemporelles devenues cultes comme Les enfants qui s'aiment de Prévert, Just a gigolo, You go to my head ou Streets of Berlin.
Les trois coups
Une partie de Cache Cache
Le festival Diva, une grande fête du théâtre musical à la Cartoucherie, arrive déjà à son terme. Voici un bijou de plus, qui a sans aucun doute profondément marqué cet évènement artistique de grande qualité.
Une partie de cache-cache, une petite comédie macabre et musicale, située à mi-chemin entre la chanson lyrique et la pantomime, nous dévoile plusieurs talents. De beaux textes d'abord, une musique remarquable ensuite, composée et interprétée par Raphaël Callandreau, l'interprétation admirable enfin de Juliette Laurent. Quel plaisir de découvrir cette jeune artiste talentueuse, qui, seule sur scène, réussit si habilement à l'habiter par sa voix et par son corps.
Cette présence scénique singulière nous confronte à l'univers ténébreux et macabre de l'enfance. La légèreté de la musique contraste avec l'histoire chantée et racontée corporellement. Ce récit qui traite des sujets les plus graves : la cruauté puis la disparition des parents, le départ vers l'inconnu, le viol, la solitude, l'emprisonnement, le travail aliénant, l'amour, le meurtre... avec un humour désarmant.
Juliette Laurent interprète avec beaucoup de passion ce personnage charmant, plein de naïveté et de maladresse. Une petite héroïne en quête d'amour et toujours prête à accepter le mauvais sort - Quand on est bonne à rien / Une chambre de bonne, c'est déjà bien !, Quand on est bonne à rien / le travail que personne ne voulait, c'est déjà bien ! - nous entraîne dans un univers de fantaisie exubérante, qui sombre dans la folie.
Une partie de cache-cache est une très attendrissante comédie sur la solitude et l'invention d'une vie. Seule dans sa minuscule chambre de bonne, dans le noir, la petite protagoniste joue à cache-cache avec ses souvenirs, elle s'invente des amies et imagine la vie des autres, ceux qui vivent derrière les murs de sa chambre et ne l'aperçoivent jamais.
Cette vie en miniature, si bien récréée par la scénographie de Sarah Heitz-Ménard, répond en écho à la déshumanisation de la société. Une petite fille qui nous chante ses deux vies, la réelle et l'imaginaire, et qui nous fait prendre conscience de notre condition humaine au sein de l'univers plein de violence, d'indifférence, de manque d'affection... Tout en nous faisant rire. Et en nous apprenant qu'il ne faut jamais désespérer dans la vie.
Télérama
Panique à Bord
Couple à la recherche de partenaires pour pimenter leurs ébats amoureux, une mère et son fils venus trouver des "pigeons" à plumer, les passagers embarquant sur le Titanas n'ont pas tous des motivations très avouables. Sans compter un commandant en second voyeur et une chanteuse au lourd secret... Cette vision déjantée de La croisière s'amuse donne lieu à une plaisante comédie musicale aux mélodies agréables, interprétée par des artistes à l'enthousiasme débridé. A défaut d'un souvenir immortel, la traversée à bord du Titanas vous laissera le coeur léger et le sourire aux lèvres.
Télérama
Créatures
Une sorcière en mal d'amour, un diable qui n'a plus la flamme, un ange pas très catholilque, voici quelques un des personnages rencontrés au fil de Créatures. Une comédie sulfureuse, musicale et déjantée, dont l'humour irrévérencieux n'est pas sans rappeler celui de Monty Python. Vampires, loups-garous et autres fantômes se déchaînent aussi sur des rythmes jazz, rock, swing... Pour frissonner de plaisir.
Télérama
Souingue ! Souingue !
Après avoir revisité les grands classiques du jazz, la fine équipe de chanteurs-comédiens a déniché au fond des malles du patrimoine des morceaux inattendus et désopilants de l'après-guerre.
Opérette
Cartoucherie de Vincennes
Bien que (encore) située dans le XIIe arrondissement, la Cartoucherie de Vincennes semble parfois un peu "éloignée" pour le parisien citadin. Pourtant, au départ de la station de métro Château de Vincennes, avec le bus, la navette gratuite (lorsque l'on peut la prendre) ou encore la marche à pieds (lorsqu'il fait beau), le charme bucolique du lieu a vite fait de faire oublier cette très petite "expédition".
L'un de ses théâtres, le pittoresque Théâtre de l'Epée de Bois accueillait du 16 mai au 8 juin 2008, "l'exposition musicale" Diva (présentation et programme dans le numéro précédent). Quatre-vingts artistes participaient aux vingt-huit spectacles figurant à son programme. Véritable vitrine du spectacle musical français, elle était réalisée par la comédienne et chanteuse Cathy Sabroux et l'acteur et metteur en scène Jacky Azencott, deux personnalités marquantes dans le monde du spectacle musical et du cabaret.
Autant le dire tout de suite, ils ont pleinement réussi leur pari. Du spectacle de cabaret à la comédie musicale, toutes les facettes du spectacle musical y étaient représentées. Ce mélange des genres permit peut-être aux habitués du cabaret de faire une incursion dans le théâtre musical et offrit aux amateurs de comédies musicales la possibilité de découvrir (et ce fut mon cas) des artistes remarquables. J'ai été conquis en particulier, par Michel Hermon. Dans son spectacle Dietrich Hôtel, cette forte personnalité, jouant sur l'ambiguïté des genres, nous a entraînés dans un monde étrange et fascinant, du Berlin interlope de la fin des années 30 aux néons de Broadway, avec Marlène Dietrich pour fil conducteur (ce spectacle a remporté à New York le titre de meilleur spectacle de l'année décerné par la critique new-yorkaise et l'association des cabarets de Manhattan). À tel point que j'ai voulu coûte que coûte me libérer pour assister à son second spectacle, la création de Damia ce soir... avec Agnès Host pour partenaire, accompagnés au piano par Christophe Brillaud qui ne fit que renforcer mon enthousiasme.
Je ne pus (à mon grand regret) me libérer pour tous les spectacles et j'ai donc du privilégier les créations du théâtre musical. J'ai pu toutefois revoir avec plaisir Le cabaret des hommes perdus qui m'a permis de découvrir un excellent interprète que je ne connaissais pas : David Macquart, qui remplaçait Jérôme Pradon (alors toujours retenu à Londres par la comédie musicale Le seigneur des anneaux). Je suis un inconditionnel de ce dernier, mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier son successeur et sa façon peut-être un peu plus musclée et très différente d'appréhender et de défendre son personnage.
J'ai pu également découvrir Le cinéma Van Parys, une conférence spectacle de Natalie Van Parys conçue autour du livre de souvenir de son grand-père Les jours comme ils viennent : une bonne occasion de retrouver (ou découvrir) tout l'humour du compositeur de plus de 350 musiques de films, pour des réalisateurs aussi prestigieux que Jean Renoir, René Clair, Max Ophüls ou Jacques Becker... Galerie de portraits croqués avec humour, anecdotes et passionnantes explications sur une technique de composition "sur mesure", à une époque ne bénéficiant pas du support de la vidéo ou de l'enregistrement DVD, ce spectacle alliait idéalement distraction et culture. Natalie Van Parys en récitante, Alain Tretou reprenant les propos du compositeur et le duo Vincent Bouchot - Nathalie Duong assurant l'illustration musicale accompagnés par l'excellent pianiste et néanmoins comédien Denis Chouillet, constituaient le plateau de cet excellent spectacle. Cathy Sabroux avait envisagé à l'origine de le prolonger par une table ronde regroupant des compositeurs de cinéma actuels. Elle n'a pas eu le temps de la mettre en place, mais cette excellente idée n'est peut-être pas totalement perdue, car "Diva" ne devrait pas en rester à cette première édition.
Cette manifestation était également l'occasion de donner carte blanche à des metteurs en scène ou interprètes, leur permettant de recevoir leurs amis dans des spectacles originaux (et uniques). Je n'ai malheureusement vu, dans cette catégorie, que celle donnée à Stéphane Ly Cuong. Passionné de comédies musicales, ce réalisateur (entre autres) de deux courts métrages musicaux est également, avec un autre réalisateur, Rémy Batteault, co-rédacteur en chef de l'excellent site internet "Regard en Coulisse" (http://www.regardencoulisse.com). Il s'est également tourné, depuis un certain temps, vers l'écriture et la mise en scène de spectacles musicaux. Sous le titre La vie est une comédie musicale, étaient réunis une bonne vingtaine d'interprètes évoluant devant une salle archicomble, les marches étant prises d'assaut. Stéphane Ly Cuong préféra rester dans l'ombre et laisser sa place de maître de cérémonie à l'une de ses collaboratrices de Regard en Coulisse, Yvonne N'Guyen, qui anima avec une indéniable personnalité, cette soirée conviviale et bon enfant.
La convivialité fut d'ailleurs l'agréable particularité de cette manifestation où, durant trois semaines, spectateurs et artistes venus applaudir leurs camarades, se retrouvaient entre deux spectacles, pour discuter devant un verre ou une assiette dans le foyer du théâtre ou en musardant dans la Cartoucherie. Trois spectacles, dans le genre "théâtre musical" y étaient donc également présentés en avantpremière parisienne.
Le Cabaret Terezin
Le Cabaret Terezin c'est l'histoire d'une valise ... Alexander Waechter retrouva, au milieu des années 90, une valise de son oncle qui avait été déporté avec toute sa famille, durant la guerre, dans le camp "modèle" de Therezinstadt. Au milieu de quelques hardes balafrées d'une étoile jaune, il découvrit le journal que ce dernier avait tenu durant son internement. Il eut l'idée de s'en servir de base, pour écrire un spectacle en forme de revue comme avaient pu en faire les déportés, en reprenant des chansons et satires écrites dans le camp.
Une phrase de ce journal dite en début du spectacle en donne parfaitement le ton : Therezinstadt, on supportait ou l'on ne supportait pas. Ceux qui ne supportaient pas mouraient dans les trois mois. Ceux qui arrivaient à supporter tournaient rapidement tout en dérision...
C'est totalement déboussolé que je suis sorti de la salle, car cette revue tragique, superbement adapté en français par Josette Milgram (pour le livret) et Boris Bergman (pour les paroles des chansons), atteint pleinement son but. On rit, à ce spectacle qui tient des Marx Brothers au Stalag, mais subitement le rire se fige et une boule vous étreint la gorge. Un mot, un détail vous ramène à la sordide réalité...
Ils sont quatre interprètes en scène : Isabelle Georges, Olivier Ruidavet, David Kruger et le pianiste Sergeï Dreznin (qui a signé les musiques additionnelles), véritable quatrième personnage à part entière. Ils occupent toute la scène, défendant ce bouleversant spectacle de façon remarquable. Présenté sous forme de lecture (déjà très accomplie), sa création est fortement et rapidement envisagée. À ne pas manquer.
Chienne
Autre lecture, en avant-première, celle de Chienne, d'Alexandre Bonstein (livret, lyrics et musique). Après ses délirantes Créatures (ouvrage qui sera repris au Casino de Paris en fin d'année (voir Chronique parisienne) et ses drôles et touchants Hors la Loi, on retrouve dans cette "tragi-comédie loufoque et musicale" comme il la définit, son univers à la fois déjanté et surréaliste et un réel style d'écriture jeune et très personnel. Il semble évident qu'il a pensé à l'indéniable personnalité de son interprète Isabelle Ferron, pour imaginer cette histoire de Pearl, une chienne extravagante qui attend, angoissée, le retour de son maître. Pour cette lecture, elle était entourée d'Alexandre Bonstein qui lisait les didascalies et interprétait avec Patrick Laviosa, au piano, les quelques "utilités" de ce spectacle original, atypique... et totalement irrésistible. À suivre...
Hypocondriac 1er
"Diva" assurait également la création parisienne d'Hypocondriac 1er, Roi de Neurasthénie. Avec son spectacle Adam, le sans logis de la logique, l'auteur-comédien-metteur-en-scène Jean-Marie Lecoq confirmait sa maîtrise du verbe. Une maîtrise dont il a déjà fait preuve, avec les livrets qu'il avait écrits pour son complice de toujours, Louis Dunoyer de Segonzac, au cours de la période où le théâtre musical avait presque totalement déserté nos scènes.
Le tandem s'est donc reformé pour ce nouvel ouvrage dans lequel Jean-Marie Lecoq manie avec malice, loufoque et surréalisme à la limite de l'absurde. On pourrait penser à Jarry ou à Ionesco. Mais non : c'est du "Lecoq" - tout simplement - et c'est un bonheur.
Louis Dunoyer de Segonzac, de son côté, a signé une fois encore, une superbe partition, mêlant lyrique et un contemporain faisant swinguer ses interprètes : Estelle Micheau, Julien Clément, Guy Vives et Gérard Audax, accompagnés par Alexandre Levy; une petite mais excellente distribution, mise en scène par Gérard Audax et Jacques Hadjaje.
Alors, pour le plaisir du verbe et de la musique, si ce spectacle (actuellement en tournée) repasse par Paris, ne le ratez pas !
À l'issue de cette remarquable manifestation, Cathy Sabroux nous a dressé un petit bilan de cette prometteuse première édition :
Sur les vingt-huit spectacles proposés, les trois quarts ont fait salle comble... Vu le contexte d'un mois de mai peu ensoleillé dans une Cartoucherie de Vincennes paraissant pour certains très lointaine, c'est un chiffre impressionnant qui a dépassé nos pronostics les plus optimistes.
Au-delà du succès public c'est aussi une grande bouffée d'air frais pour beaucoup qui ont pu ainsi se retrouver et rencontrer d'autres professionnels dans un contexte détendu. "Diva" est une exposition musicale à travers laquelle surgit l'envie d'écrire, de jouer, d'inventer : ni compétition, ni programmation extensive, mais découverte, incitation, partage...
C'est un signe extrêmement fort que les artistes de "Diva" aient pu mobiliser autant de passionnés et de curieux.
Nous travaillons maintenant à une deuxième édition et surtout au développement au long cours de "Diva" et nous souhaitons nous intéresser plus particulièrement cette année aux créations à venir ; une dizaine de projets sont pour l'instant en réflexion : des propositions très excitantes, qui demanderont beaucoup du souffle et de l'élan, et nous serons ravis de les accompagner et de les faire découvrir dans leurs premiers pas car certains seront certainement les grands spectacles musicaux de 2010.
Nous discutons de partenariats avec quelques villes en Ile-de-France et en régions ainsi qu'avec des directeurs de festivals musicaux. Du coté européen de beaux développements en perspective : tout au long des deux années à venir, "Diva" va voyager du coté de Rome, Berlin et Madrid, pour mettre en place échanges et rencontres ; de quoi ouvrir largement les perspectives du théâtre musical et provoquer de magnifiques moments de spectacle. Nous en avons tous besoin, et envie !!!
Nos prochains rendez vous : Avignon en juillet pour la cinquième année à la Mirande avec "Musiques en Festivals" puis à l'automne une grande fête pour le bilan de "Diva" avec la projection du reportage-film tourné durant le festival. Des pré-lectures en février et mars et de nouveau au printemps "Diva" pour lequel nous étudions plusieurs possibilités de résidence.